Interlude

Le capitaine entra en trombe dans la pièce. La confusion la plus totale régnait, la moitié de l’équipage regardant par le hublot le vaisseau du Néovel enclencher son Saut alors que l’autre était agenouillé devant Mamadou et le général. Le choc dura quelques secondes, après quoi le capitaine Papineau reprit ses esprits.

«Wendell, qu’est-ce qu’on peut faire pour lui?»

Le docteur hocha la tête de gauche à droite.

«Je crois pas qu’il va s’en sortir capitaine… Je peux stabiliser son état, mais pas pour longtemps.»

Brian Papineau se frotta le menton. Il n’était pas médecin, mais il en avait vu d’autres au cours de ses multiples aventures interdimensionnelles.

«Et si on le place en régénérescence?»

Ce fut au tour du docteur de se poser des questions.

«Ça lui donnerait peut-être quelques semaines de plus, conclut-il.»

«Essayons ça, c’est notre meilleure option», répondit le capitaine.

Leur conversation fut interrompue par Rocky Moss qui se dirigea d’un pas rapide vers eux.

«Capitaine, on part après eux», affirma-t-il avec force et conviction, comme s’il s’agissait de l’unique option possible.

Ce fut au tour de Kozlov d’interrompre la discussion.

«Capitaine, on sait pas où ils sont passés. On doit rentrer sur Terre et meilleure option, c’est source d’énergie que scanner de Odyssée avoir détecté!»

Moss jeta un regard en biais désapprobateur à Kozlov. Sentant la tension s’installer dans la pièce, le capitaine éleva la voix.

«Du calme s’il vous plaît! Kozlov a un point : la priorité est de retrouver contact avec la Terre, et pour ça on a besoin du plus d’énergie possible. Partir à la poursuite du Néovel avec nos ressources actuelles serait du suicide. Mais ne vous en faites pas Moss, ces salauds vont payer.»

Il prit une pause afin de laisser les mots qu’il venait de prononcer faire leur effet. Il reprit ensuite la parole avec une assurance renouvelée.

«Parker, veuillez-vous assurez que les derniers détails diplomatiques avec les locaux sont réglés. Nous partons d’ici ce soir.»

Le soir même.

«Capitaine, vous êtes certain que ça être bonne idée?»

«Vous avez entendu l’ordre monsieur Kozlov, activez les canons à impulsion.»

Un bruit sourd et mécanique se fit entendre alors que les canons du vaisseau d’orientèrent vers la base d’Exacorp située à la surface. Puis un bruit strident vint déchirer le silence de la nuit, suivi d’une explosion dont la vibration se fit sentir jusqu’à l’Odyssée. La réverbération de l’explosion parcourut chaque personne à bord du vaisseau jusqu’à la moelle. Un malaise palpable fit frissonner chacun d’entre eux, comme si une ligne qui n’aurait jamais dû être franchie venait d’être traversée. Une voix aiguë sorti de leur torpeur les membres de l’équipage à bord de la cabine de commandement, les faisant sursauter.

«Capitaine! Ici COR-OS 2.0! Les canons à impulsions ont subi une défectuosité critique. Je tenais à vous en avertir.»

«Vous êtes sûr que c’était la bonne chose à faire capitaine?» demanda Temperence Reynolds au capitaine.

Après un bref silence, le capitaine Papineau répondit.

«J’ai confiance en l’opinion de mes officiers. Cette station devait être détruite. Peu importe les conséquences encourues, elles sont certainement minimes par rapport à ce qui aurait pu se passer si nous l’avions laissée sur place.»

Le capitaine prit la main de Temperence dans la sienne, la dévisageant d’un regard empreint de détermination.

«Trouvons cette fichue source d’énergie et rentrons chez nous Temperence.»


Épisode II : Pour une poignée de quantas

Le bruit incessant du cadran réveilla le capitaine Papineau. Il étira son bras de tout son long afin d’atteindre le bouton lui permettant de mettre fin au bruit strident.

Les matins étaient difficiles ces temps-ci. Du moins, si on pouvait appeler ça le matin : difficile de distinguer le jour de la nuit quand ça fait plusieurs semaines qu’on est coincé dans un espace interdimensionnel.

Quelques secondes après avoir éteint la fichue alarme, Brian enfila un pantalon, sa chemise et se dirigea vers la cuisine pour son premier arrêt du matin : la machine à café. Il s’agissait d’un arrêt absolument essentiel : miss Reynolds étant intenable avant son premier café.

En naviguant les couloirs de l’Odyssée, le capitaine eut l’impression que quelque chose était différent. Son regard se tournant vers le hublot, il comprit rapidement ce qui ne tournant pas rond : au lieu du grand flou noir habituel de la Fin du Monde, il y avait un grand flou lumineux. Lorsque ses yeux s’habituèrent à la différence de luminosité, le capitaine put voir qu’en bas d’eux se situait une grande étendue de terre aride au centre de laquelle trônait un grand plateau surélevé. Sur ce plateau semblait se trouver une sorte d’agglomération urbaine. La plaine était parsemée de cactus et de boules de foin virevoltant en tout sens.

Occupé à regarder le paysage, le capitaine ne vit pas Mamadou arriver en trombe derrière lui. Le concierge le bouscula au passage, s’excusant rapidement en pestant de façon incompréhensible.

«Qu’est-ce qu’il lui arrive?» demanda le capitaine à Frédéric Tougalou qui suivait Mamadou de près.

«Mamadou n’aime pas le sable» répondit le général. «Il dit que c’est irritant, que ça s’infiltre partout et surtout que ça bloque le moteur de la zamboni qui nettoie les corridors.»

Après un bref moment de silence, le capitaine rétorqua :

«Attendez une minute… Est-ce que vous être en train de me dire qu’on a débarqué dans un nouvel univers et que MAMADOU est au courant de ce qui se passe mais pas moi?!»

«Écoutez capitaine, j’aurai bien suivi la procédure pour vous avertir dès que possible, mais miss Reynolds et les autres ont insisté pour qu’on vous laisse dormir…»

«On arrive quelque part et j’en suis le dernier informé?!» l’interrompit le capitaine. «Et de quel genre de capitaine j’ai l’air moi?! Où se trouve tout le monde?»

«Ils vous attendent dans la salle de conférence Brian.»

«Dépéchons-nous alors!» maugréa le capitaine en se dirigeant prestement vers le local indiqué.

Trente secondes plus tard, le capitaine Papineau entrait dans le local de conférence où se trouvait déjà tout le reste de l’équipage sorti de la régénérescence.

«Bon matin tout le monde.» dit-il sèchement «J’espère que tout le monde a eu le temps de boire son café pendant que je dormais. COR-OS, quel est le rapport de l’univers?»

«De toute évidence, l’univers SK-1D-0O est un monde aride, désertique presque.»

«J’avais saisi en regardant par la fenêtre. Et les formes de vies?»

«Formes de vies intelligents détectées capitaine. Le protocole de catégorisation de l’Odyssée hésite entre un niveau technologique beta et gamma selon les images de technologie captées. Je détecte une technologie plutôt avancée, mais essentiellement basée sur le principe de vapeur. L’électricité semble leur être inconnue. Pour ce qui est du portrait typique des habitants, il me semble que la mode soit associée à ce que vous associez dans l’univers Terrien de «Western». J’espère que vous avez amené votre chapeau. Haha!»

Le capitaine se frotta le menton, pensif.

«Nous allons amorcer dès ce soir la microportation, question d’éviter autant que possible d’être détecté par les locaux.» trancha t-il après quelques secondes de réflexion. «De ce que j’ai vu l’équipe de maintenance a réparé plusieurs fonctions de la navette de microportation -beau travail Drovski, et Kozlov aussi-. Nous pourrons donc envoyer quatre personnes en reconnaissance pour poser les trois balises nécessaires au transport du reste de l’équipage. Et mention à tout le monde, autant ceux de l’escouade de reconnaissance que les autres, assurez-vous d’amener du matériel réglementaire.  On a des formes de vies sensibles ici, ce qui veut dire pas d’armes ou d’armures delta visibles. Personne ne veut finir sa soirée aux archives avec Roz et moi, je vous le garantis.»


Interlude

«Well, ça c’tait un pretty big ‘gator mate.»

Mamadou, à bout de souffle, se retourna vers The Croc, acquiesçant d’un hochement de tête.

«Dommage qu’on puisse pas en ramener un morceau pour la R&D, hein Dagenais?» s’exclama Francis Paré avec ironie.

À ces mots, le regard du général Tougalou passa du petit groupe qui venait d’échapper aux griffes du dinosaure à celui du pharmacien. Son regard assassin était sans équivoque : il n’avait pas trouvé la blague très drôle.

À travers le chaos, le capitaine Papineau tentait de demeurer aussi calme que possible, tenant son com à l’oreille comme si leur vie en dépendait.

«COR-OS, rapport de la situation!»

«Bien sûr capitaine!» s’exclama le robot. «L’intégrité physique du vaisseau semble avoir été endommagé par le reptilien. J’ai noté qu’il n’a pas mordu la carrosserie de l’Odyssée. J’en conclu que la faune locale n’a probablement pas besoin d’apport supplémentaire en minéraux dans son alimentation. Haha!»

«Est-ce qu’on peut faire le saut?» l’interrompit le capitaine.

«Mais bien sûr capitaine!»

«Monsieur Kozlov, enclenchez le convecteur! J’ai eu assez de Jurassic Park pour la fin de semaine…»


Épisode I : Dites à ma fille que je l’aime

Catastrophe!

Un départ difficile a rapidement brûlé la grande majorité des ressources énergétiques du navire de voyage spatio-dimmensionnel ODYSSÉE. Après plusieurs semaines perdu dans le néant, l’équipage du CAPITAINE PAPINEAU se retrouve échoué dans un univers inconnu. La majorité des membres de l’équipage sont indemnes, mais le vaisseau ODYSSÉE est dans un état critique : l’exploration de l’univers sera nécessaire afin d’assurer la survie de tous, mais quels périls attendent nos héros dans ce premier univers?