Interlude : Never say goodbye…

« Défectuosité critique détectée dans le système de support vital d’un membre de l’équipage. Annulation du Saut. »

La capitaine se préparait à la manœuvre de transfert spatio-dimensionnel lorsque la voix robotique de l’intelligence virtuelle du vaisseau se fit entendre.

-Est-ce que quelqu’un a eu un malaise? COR-OS, appelle-moi l’équipe médicale aux cabines d’hypersommeil; y’a quelque chose qui cloche…

Son appel fut interrompu par une voix désincarnée, mystique, résonnant dans les couloirs du vaisseau.

-Héros de l’Odyssée, l’un d’entre vous n’est pas… entier. Il a laissé une partie de lui-même dans notre univers. Tant qu’il ne sera pas complet, il ne pourra quitter notre monde sans conséquences.

Brian se tourna vers le général Tougalou qui était près de lui. À voir l’expression sur son visage, il n’était pas le seul à avoir entendu la mystérieuse voix.

-Vraiment bizarre tout ça… maugréa le capitaine.

Quelques heures plus tard

-Donc si j’ai bien compris, Parker a décidé –sans consulter quiconque je le précise– de vendre son âme pour une lame enchantée capable de vaincre le seigneur des ténèbres Guldarkhan, récapitula le capitaine.

-En fait, selon ce que j’ai compris, il s’agit techniquement d’un sabre laser, répondit Tougalou, mais sinon ça me semble exact.

-Et tout ça s’est produit dans cette réalité alternative dont personne ne semble avoir conscience à part une poignée d’entre nous.

Frédéric Tougalou hocha la tête, appuyant les propos du capitaine.

-Et tant et aussi longtemps que Parker n’aura pas récupéré son âme, il ne pourra pas quitter B3-N3-F3 sans devenir légume… détraqué en quelque sorte.

Le capitaine se frotta le menton, pensif. Hanson Parker l’interrompit dans ses réflexions en partageant son opinion à voix haute.

-Tout commerçant qui se respecte doit nécessairement avoir une politique d’échange, n’est-ce pas? Je veux dire, ça fait même pas 24h : suffit d’aller revoir le type, lui dire que son sabre laser ne fonctionnait pas et hop! On récupère la mise en on fout le camp.

Son ton de voix dissimulait une détresse que même ses tentatives d’humour malhabile ne réussissaient à camoufler entièrement.

-Je doute que ça soit aussi simple, mais vous avez raison sur un point docteur Parker, renchérit le capitaine, nous devons le laisser aller la récupérer, conclut-il.

Un silence que personne n’osait briser s’installa dans la salle de conférence de l’Odyssée.

-Vous ne comptez pas abandonner mon fils seul sur cette planète hostile j’espère.

Brian Papineau soupira.

-Plusieurs centaines de milliers de personnes dépendent de nous : je me vois mal expliquer à l’état-major de la Fédération Terrienne que nous mettons la mission sur le « hold » en espérant retrouver l’âme perdue d’un de mes officiers. Donc oui, je crois que le cours d’action à suivre est de laisser Mathias ici.

-Quoi?!? répondit Mathias, toujours un peu groggy de sa séance d’hypersommeil particulièrement éprouvante. J’veux dire, quand je l’ai fait, j’me suis dit que ça avait des chances d’arriver, mais… j’croyais que les lois d’un univers d’une réalité alternative d’un autre univers s’appliquaient pu, un coup passé dans le parallèle du premier univers!... J’ai aucune idée ce que j’viens de dire, mais j’crois que ça marche. Anyway…

-C’est une longue phrase pour dire « Oui » capitaine Papineau, ajouta sèchement le docteur Parker. Quoiqu’il en soit, il est hors de question que je vous laisse abandonner mon p’tit gars comme ça. De mon côté, je l’ai déjà abandonné une fois et j’ai pas l’intention de le refaire encore. Vous voulez débarquer Mat, alors je débarque avec lui.

Mathias Parker poussa un soupir, se redressa les épaules et bomba un peu le torse.

-La mission passe avant moi, et c’est avec ça en tête que j’avais fait ce choix-là. J’aurais l’air de quoi si je revenais sur ma parole. J’imagine que d’emmener p’pa avec moi va me faire au moins quelqu’un avec qui jaser… Hmm, j’pourrais sûrement retrouver la Harmonie de l’autre monde, surtout si j’la pogne pendant sa chicane avec son roux…

Ceux qui connaissaient de près Parker pouvaient remarquer que cette dernière phrase manquait de conviction, contrairement aux phrases similaires des débuts de la mission.

-Eh, j’ai créé un sort qui peut sans doute me ramener au monde parallèle des super mages, j’peux sûrement en développer un qui me ferait refaire le switch entre les deux. En tant qu’ultimage, j’peux bien faire ça pas de trouble.

-Je n’avais pas tout à fait fini de dire ce que j’avais à dire, interrompit le capitaine. Madame Chöying?

Jade s’approcha du capitaine, lui tendant un objet sphérique et coloré, muni de quelques boutons.

-Il s’agit d’une adaptation de l’ancrage temporel que nous nous sommes procurés à la Fin des Temps(TM). Lorsque Mathias aura retrouvé son âme, il pourra l’utiliser afin de nous signaler, peu importe où nous nous trouvons. Nous pourrons alors aller le chercher aux coordonnées de l’ancrage.

Un sourire en coin, Mat prit l’ancrage de Jade Chöying et se tint devant le capitaine Brian Papineau, lui faisant un salut officiel.

-C’est un honneur de servir sous vous, Capitaine. J’ai confiance que Tempérance, Helle, Matthew et les autres pourront s’occuper de ma division en mon absence… mais j’compte bien revenir. Vous vous débarrasserez pas de Mat Parker aussi facilement.

En passant près du Capitaine, il lui chuchota quelque chose rapidement à l’oreille, puis se dirigea vers ses quartiers pour faire ses derniers préparatifs avant de partir, en chantant à voix basse une vieille chanson de circonstance.

« Never say goodbye, never say goodbye

You and me and my old friends

Hoping it would never end

Never say goodbye, never say goodbye

Holdin' on, we got to try

Holdin' on to never say goodbye »

Quelques heures plus tard

Le capitaine regardait par le hublot alors que l’Odyssée se préparait à faire le Saut vers les coordonnées nouvellement obtenues. Bien sûr, il ne voyait pas grand-chose, mais il s’imaginait Mathias et Hanson dans la plaine de Bundlebore le cultivateur, réfléchissant à où ils pourraient bien commencer leur investigation. Ils étaient débrouillards et Brian n’avait aucune crainte qu’ils soient capables de faire leur bout de chemin dans cet univers, mais l’idée de laisser quelqu’un derrière ne le dérangeait pas moins.

« Bonne chance, Von Vaseline… » murmura-t-il alors que l’Odyssée quittait ce monde pour un autre.


Épisode V : L’Odyssée à l’école des sorciers

Le capitaine était couché dans son lit, regardant le plafond de sa cabine, le regard vide.

Qu’est-ce qu’il y chéri? lui demanda Temperance dans un de ces rares moments où elle adressait la parole à quelqu’un avant son premier café du matin.

-Je pensais à la… mission. Et à notre séjour sur Terre. C’est un peu vrai ce que les autres disent t’sais? C’est vrai que c’était bizarre tout ça. Peut-être que c’est moi qui veux pas voir la vérité en face, des fois que ça soit vraiment vrai qu’un groupe de terroristes ait reprogrammé mon cerveau…

La femme du capitaine s’assit près de lui, le prenant doucement par l’épaule.

-Tu crois sérieusement qu’on aurait pu reprogrammer ton cerveau?

-Hmm… c’est ridicule n’est-ce pas? Juste l’idée de reprogrammer un cerveau ça me semble complètement ridicule, alors imagine de le faire en moins de 24 heures…

Le capitaine Papineau poussa un grand soupir.

-Ouain, pas mal ridicule. D’ailleurs, tu trouves pas que nos aventures en général sont un peu ridi…

La fin de sa phrase fut interrompue par une voix familière provenant de l’intercom du couloir.

-Capitaine. Ici COR-OS 2.0. Nous sommes arrivés à destination.

Brian se leva du lit pour se diriger vers le communicateur.

-Excellent. Que disent les analyses préliminaires?

-Nous avons affaire à un univers de niveau technologique beta, niveau bioénergétique absolu. niveau de sensibilité aux anachronismes… élevé. Nous semblons être arrivés près de ce qui semble être une sorte… d’académie selon les scanners.

-Une académie… Si c’est effectivement le cas, il est possible que les érudits de l’endroit puissent nous donner de l’information vitale à la réussite de la mission. COR-OS, prévenez tous les membres de l’équipage que nous nous apprêtons à lancer la manœuvre de microportation. Une fois rendu sur place, la priorité sera d’installer un camp de base et le dispositif de camouflage portatif que nous a fourni la Fédération. Nous devrons ensuite trouver un moyen de nous infiltrer dans cette école afin d’en apprendre plus sur cet univers…


Episode IV : Point de chute

Les mains du capitaine tremblaient lorsqu’il appuya sur le bouton du communicateur radio.

-FTU Odyssée à tour de contrôle. Demande permission d’accoster.

Sa voix était légèrement tremblotante, fébrile. Étaient-ils vraiment de retour?

-FTU Odyssée, ici tour de contrôle. Veuillez précisez votre requête.

Brian Papineau n’osait pas répondre. Il n’était toujours pas certain d’avoir enregistré l’information.

Ce fût le contrôleur qui brisa le silence.

-Salut Papineau. Content d’te revoir vieux.

-Attends… Bill? Bill Plouffe c’est bien toi?

-C’est capitaine Plouffe maintenant, mais ouep c’est moi. Je dois te dire que personne à la Fed où à la station Naïrobi s’attendait à vous revoir de sitôt.

-De sitôt Bill… Ça fait quoi, plus d’un an?

-Bon d’accord, c’est pas si tôt que ça, mais vous êtes revenu. C’est déjà ça. Depuis votre disparition, le projet de voyage interdimmensionnel est en suspens : on dit que c’est trop dangereux. Je te dis que ça va brasser des choses dans le poste de commandement que vous soyez rev’nu.

Le capitaine se frotta le menton. La dernière chose qu’il avait envie maintenant qu’il était de retour sur Terre, c’était d’être embourbé dans de la politique.

-Mais bon, y’a quand même un protocole spécial qui a été récemment établi dans l’éventualité de votre retour. Une nouvelle station d’ancrage a été installé à Valhalla. Vous irez vous y poser pour décontamination et débriefing. J’t’en dirais plus, mais j’ai pas tant le droit sur le com…

-C’est good Bill. Risque pas de te mettre les RH à dos pour moi.

-Entendu. Capitaine Plouffe terminé.

Le communicateur portable du capitaine vibra dans ses poches. Il venait de recevoir ce qui semblait être un pamphlet publicitaire.

«Ça fait même pas deux minutes qu’on est arrivé et j’ai déjà du spam dans ma boîte courriel…»

C’est alors qu’il constata qu’un nouveau message texte venait d’apparaître.

“Bienvenue sur Terre Brian.”

Sa gorge se serra. Ils étaient vraiment de retour.


Interlude

Le capitaine entra en trombe dans la pièce. La confusion la plus totale régnait, la moitié de l’équipage regardant par le hublot le vaisseau du Néovel enclencher son Saut alors que l’autre était agenouillé devant Mamadou et le général. Le choc dura quelques secondes, après quoi le capitaine Papineau reprit ses esprits.

«Wendell, qu’est-ce qu’on peut faire pour lui?»

Le docteur hocha la tête de gauche à droite.

«Je crois pas qu’il va s’en sortir capitaine… Je peux stabiliser son état, mais pas pour longtemps.»

Brian Papineau se frotta le menton. Il n’était pas médecin, mais il en avait vu d’autres au cours de ses multiples aventures interdimensionnelles.

«Et si on le place en régénérescence?»

Ce fut au tour du docteur de se poser des questions.

«Ça lui donnerait peut-être quelques semaines de plus», conclut-il.

«Essayons ça, c’est notre meilleure option», répondit le capitaine.

Leur conversation fut interrompue par Rocky Moss qui se dirigea d’un pas rapide vers eux.

«Capitaine, on part après eux», affirma-t-il avec force et conviction, comme s’il s’agissait de l’unique option possible.

Ce fut au tour de Kozlov d’interrompre la discussion.

«Capitaine, on sait pas où ils sont passés. On doit rentrer sur Terre et meilleure option, c’est source d’énergie que scanner de Odyssée avoir détecté!»

Moss jeta un regard en biais désapprobateur à Kozlov. Sentant la tension s’installer dans la pièce, le capitaine éleva la voix.

«Du calme s’il vous plaît! Kozlov a un point : la priorité est de retrouver contact avec la Terre, et pour ça on a besoin du plus d’énergie possible. Partir à la poursuite du Néovel avec nos ressources actuelles serait du suicide. Mais ne vous en faites pas Moss, ces salauds vont payer.»

Il prit une pause afin de laisser les mots qu’il venait de prononcer faire leur effet. Il reprit ensuite la parole avec une assurance renouvelée.

«Parker, veuillez-vous assurez que les derniers détails diplomatiques avec les locaux sont réglés. Nous partons d’ici ce soir.»

Le soir même.

«Capitaine, vous êtes certain que ça être bonne idée?»

«Vous avez entendu l’ordre monsieur Kozlov, activez les canons à impulsion.»

Un bruit sourd et mécanique se fit entendre alors que les canons du vaisseau d’orientèrent vers la base d’Exacorp située à la surface. Puis un bruit strident vint déchirer le silence de la nuit, suivi d’une explosion dont la vibration se fit sentir jusqu’à l’Odyssée. La réverbération de l’explosion parcourut chaque personne à bord du vaisseau jusqu’à la moelle. Un malaise palpable fit frissonner chacun d’entre eux, comme si une ligne qui n’aurait jamais dû être franchie venait d’être traversée. Une voix aiguë sorti de leur torpeur les membres de l’équipage à bord de la cabine de commandement, les faisant sursauter.

«Capitaine! Ici COR-OS 2.0! Les canons à impulsions ont subi une défectuosité critique. Je tenais à vous en avertir.»

«Vous êtes sûr que c’était la bonne chose à faire capitaine?» demanda Temperence Reynolds au capitaine.

Après un bref silence, le capitaine Papineau répondit.

«J’ai confiance en l’opinion de mes officiers. Cette station devait être détruite. Peu importe les conséquences encourues, elles sont certainement minimes par rapport à ce qui aurait pu se passer si nous l’avions laissée sur place.»

Le capitaine prit la main de Temperence dans la sienne, la dévisageant d’un regard empreint de détermination.

«Trouvons cette fichue source d’énergie et rentrons chez nous Temperence.»


Épisode II : Pour une poignée de quantas

Le bruit incessant du cadran réveilla le capitaine Papineau. Il étira son bras de tout son long afin d’atteindre le bouton lui permettant de mettre fin au bruit strident.

Les matins étaient difficiles ces temps-ci. Du moins, si on pouvait appeler ça le matin : difficile de distinguer le jour de la nuit quand ça fait plusieurs semaines qu’on est coincé dans un espace interdimensionnel.

Quelques secondes après avoir éteint la fichue alarme, Brian enfila un pantalon, sa chemise et se dirigea vers la cuisine pour son premier arrêt du matin : la machine à café. Il s’agissait d’un arrêt absolument essentiel : miss Reynolds étant intenable avant son premier café.

En naviguant les couloirs de l’Odyssée, le capitaine eut l’impression que quelque chose était différent. Son regard se tournant vers le hublot, il comprit rapidement ce qui ne tournant pas rond : au lieu du grand flou noir habituel de la Fin du Monde, il y avait un grand flou lumineux. Lorsque ses yeux s’habituèrent à la différence de luminosité, le capitaine put voir qu’en bas d’eux se situait une grande étendue de terre aride au centre de laquelle trônait un grand plateau surélevé. Sur ce plateau semblait se trouver une sorte d’agglomération urbaine. La plaine était parsemée de cactus et de boules de foin virevoltant en tout sens.

Occupé à regarder le paysage, le capitaine ne vit pas Mamadou arriver en trombe derrière lui. Le concierge le bouscula au passage, s’excusant rapidement en pestant de façon incompréhensible.

«Qu’est-ce qu’il lui arrive?» demanda le capitaine à Frédéric Tougalou qui suivait Mamadou de près.

«Mamadou n’aime pas le sable» répondit le général. «Il dit que c’est irritant, que ça s’infiltre partout et surtout que ça bloque le moteur de la zamboni qui nettoie les corridors.»

Après un bref moment de silence, le capitaine rétorqua :

«Attendez une minute… Est-ce que vous être en train de me dire qu’on a débarqué dans un nouvel univers et que MAMADOU est au courant de ce qui se passe mais pas moi?!»

«Écoutez capitaine, j’aurai bien suivi la procédure pour vous avertir dès que possible, mais miss Reynolds et les autres ont insisté pour qu’on vous laisse dormir…»

«On arrive quelque part et j’en suis le dernier informé?!» l’interrompit le capitaine. «Et de quel genre de capitaine j’ai l’air moi?! Où se trouve tout le monde?»

«Ils vous attendent dans la salle de conférence Brian.»

«Dépéchons-nous alors!» maugréa le capitaine en se dirigeant prestement vers le local indiqué.

Trente secondes plus tard, le capitaine Papineau entrait dans le local de conférence où se trouvait déjà tout le reste de l’équipage sorti de la régénérescence.

«Bon matin tout le monde.» dit-il sèchement «J’espère que tout le monde a eu le temps de boire son café pendant que je dormais. COR-OS, quel est le rapport de l’univers?»

«De toute évidence, l’univers SK-1D-0O est un monde aride, désertique presque.»

«J’avais saisi en regardant par la fenêtre. Et les formes de vies?»

«Formes de vies intelligents détectées capitaine. Le protocole de catégorisation de l’Odyssée hésite entre un niveau technologique beta et gamma selon les images de technologie captées. Je détecte une technologie plutôt avancée, mais essentiellement basée sur le principe de vapeur. L’électricité semble leur être inconnue. Pour ce qui est du portrait typique des habitants, il me semble que la mode soit associée à ce que vous associez dans l’univers Terrien de «Western». J’espère que vous avez amené votre chapeau. Haha!»

Le capitaine se frotta le menton, pensif.

«Nous allons amorcer dès ce soir la microportation, question d’éviter autant que possible d’être détecté par les locaux.» trancha t-il après quelques secondes de réflexion. «De ce que j’ai vu l’équipe de maintenance a réparé plusieurs fonctions de la navette de microportation -beau travail Drovski, et Kozlov aussi-. Nous pourrons donc envoyer quatre personnes en reconnaissance pour poser les trois balises nécessaires au transport du reste de l’équipage. Et mention à tout le monde, autant ceux de l’escouade de reconnaissance que les autres, assurez-vous d’amener du matériel réglementaire.  On a des formes de vies sensibles ici, ce qui veut dire pas d’armes ou d’armures delta visibles. Personne ne veut finir sa soirée aux archives avec Roz et moi, je vous le garantis.»


Interlude

«Well, ça c’tait un pretty big ‘gator mate.»

Mamadou, à bout de souffle, se retourna vers The Croc, acquiesçant d’un hochement de tête.

«Dommage qu’on puisse pas en ramener un morceau pour la R&D, hein Dagenais?» s’exclama Francis Paré avec ironie.

À ces mots, le regard du général Tougalou passa du petit groupe qui venait d’échapper aux griffes du dinosaure à celui du pharmacien. Son regard assassin était sans équivoque : il n’avait pas trouvé la blague très drôle.

À travers le chaos, le capitaine Papineau tentait de demeurer aussi calme que possible, tenant son com à l’oreille comme si leur vie en dépendait.

«COR-OS, rapport de la situation!»

«Bien sûr capitaine!» s’exclama le robot. «L’intégrité physique du vaisseau semble avoir été endommagé par le reptilien. J’ai noté qu’il n’a pas mordu la carrosserie de l’Odyssée. J’en conclu que la faune locale n’a probablement pas besoin d’apport supplémentaire en minéraux dans son alimentation. Haha!»

«Est-ce qu’on peut faire le saut?» l’interrompit le capitaine.

«Mais bien sûr capitaine!»

«Monsieur Kozlov, enclenchez le convecteur! J’ai eu assez de Jurassic Park pour la fin de semaine…»


Épisode I : Dites à ma fille que je l’aime

Catastrophe!

Un départ difficile a rapidement brûlé la grande majorité des ressources énergétiques du navire de voyage spatio-dimmensionnel ODYSSÉE. Après plusieurs semaines perdu dans le néant, l’équipage du CAPITAINE PAPINEAU se retrouve échoué dans un univers inconnu. La majorité des membres de l’équipage sont indemnes, mais le vaisseau ODYSSÉE est dans un état critique : l’exploration de l’univers sera nécessaire afin d’assurer la survie de tous, mais quels périls attendent nos héros dans ce premier univers?